Critique théâtre : Le Double

Au cœur du 16ème arrondissement, dans le beau Théâtre du Ranelagh en ce moment, se joue l’adaptation théâtrale du roman de Dostoïevski, Le Double, par Ronan Rivière et sa très talentueuse troupe.

C’est déjà ici un immense travail d’adaptation à saluer de la part de Ronan Rivière qui, d’un matériau purement romanesque, crée un véritable objet de théâtre que la mise en scène en constant mouvement vient encore éclaircir avec beaucoup de justesse.

Une histoire fantastique nous est ici contée : celle de Monsieur Goliadkine, paisible fonctionnaire de Pétersbourg qui voit sa vie bouleversée par l’apparition d’un double delui-même. Et il semble que cet autre Goliadkine intrigue pour lui prendre sa place.

Les décors, par le truchement des comédiens, dans un tourbillon, ne cessent de bouger, comme la conception-même du héros face à cet Autre, craint et fantasmé à la fois. Entre romantisme, poésie et schizophrénie, ce héros russe revisité est interprété avec beaucoup d’investissement par Ronan Rivière.

Poétique, drôle, inquiétant et fou

Face à lui, il y « son double », tour à tour amical et enjoué, menaçant, opportuniste et manipulateur. Xavier Lafitte qui l’incarne développe ici un jeu de séduction mêlée de trouble que l’on remarque et apprécie.

A la source de ce pari réussi, il y a surtout ce travail de troupe, avec des partenaires qui pour la plupart travaillent ensemble depuis plusieurs années. Le pianiste Olivier Mazal qui les accompagne permet d’apporter une autre respiration à ce texte en volontaire déconstruction. Les savants jeux de lumière, enfin, viennent souligner cette note distincte, celle de la folie qui va crescendo.

Un spectacle tour à tour, fantastique et troublant, poétique et drôle, inquiétant et fou. A savourer jusqu’au 12 janvier prochain !

Le Double

Libre adaptation du roman de Dostoïevski par Ronan Rivière

Mise en scène de Ronan Rivière

Avec Ronan Rivière, Jérôme Rodriguez, Laura Chetrit, 
Michaël Giorno-Cohen, Jean-Benoît Terral, 
Xavier Lafitte et au piano Olivier Mazal.

Au Théâtre Le Ranelagh jusqu’au 12 janvier 2020

Du mercredi au samedi à 19h et le dimanche à 15h

Infos et réservation : www.theatre-ranelagh.com

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