Critique cinéma: La Ruée vers l’Art

Dans La Ruée vers l’art,  les deux journalistes Danièle Granet et Catherine Lamour, épaulées par la caméra de Marianne Lamour nous entraînent dans les coulisses de l’art contemporain. Elles avouent d’emblée être un peu néophytes sur la question mais c’est justement leur enthousiasme et leur candeur qui vont leur permettre de côtoyer voire d’interviewer les étranges acteurs de ce secteur bien intrigant…

A l’origine, il y a un livre, Grands et petits secrets du monde de l’art écrit par Danièle Granet et Catherine Lamour et publié chez Fayard en 2010. Une étude approfondie de l’univers de l’art et de ses rouages.

Mais quoi de mieux que d’introduire dans cet univers si fermé une caméra et de capter en direct tout ce qui le constitue, lui qui ignore superbement le concept de crise ? Le trio alors formé s’est attelé à entrer en contact avec les nombreux acteurs de l’art contemporain (conservateurs, collectionneurs, directeurs de galeries, conseillers artistiques auprès de grosses entreprises, marchands-collectionneurs, commissaires-priseurs, etc.) et à les suivre au fil du temps, à l’occasion de nombreuses foires internationales.

L’occasion de prendre le temps de rencontrer cette étrange galerie de personnages, parfois enthousiastes, passionnés et parfois avares en commentaires, désabusés, voire imbus de leur personne… et de leur portefeuille !

Ainsi ce documentaire parvient à donner une idée très complète du point de vue international de cette « ruée vers l’art », en proposant par ailleurs de superbes plans de New-York, Shangaï, Doha, etc. Ce qui ne gâte rien à l’ensemble, bien évidemment.

Dans les coulisses du Bling-Bling

Circuler dans ce milieu très « jet-set » de l’art n’est pas chose aisée mais c’est l’occasion pourtant pour les auteures de ce documentaire d’engager de solides discussions sur le statut de l’artiste quand il finit par être reconnu enfin par ses pairs, l’aspect industriel que peut représenter certaines commandes de collectionneurs le plus souvent russes, chinois, mais aussi provenant du Proche-Orient, les belles opportunités que représente le marché asiatique.

Le peintre chinois Zhang Huan a, par exemple, créé petit à petit, au gré des commandes une entreprise qui s’élève à présent à plus de 200 salariés. Dans ce documentaire, il prend le temps de recevoir les journalistes et se montre conscient de cette évolution stupéfiante du marché de l’art international et de sa place dans cet espace si restreint mais, ô combien, générateur d’argent.

L’argent est bien évidemment au cœur de cet univers. Le générique du début démontre combien en vente aux enchères, des œuvres d’art peuvent partir comme des petits pains pour des sommes délirantes et ce, en quelques secondes seulement.

Ce documentaire tend ainsi un miroir bien inquiétant sur cette société bling-bling en mal de reconnaissance et qui ne connaît pas de frontières mais il laisse également entrevoir des notes plus optimistes concernant l’évolution de ce marché, avec notamment le développement des secteurs de l’expertise, poussant à une réglementation plus stricte. Il tire aussi le portrait de collectionneurs très attachants, le couple américain Rubell.

Pour les amateurs d’art et pour les grands curieux, ce film est à découvrir en salles dès le 16 octobre prochain.

La Ruée vers l’Art de Marianne Lamour, écrit par Danièle Granet et Catherine Lamour, produit par Les Poissons volants et Babylone Productions. Sortie nationale le 16 octobre 2013. Facebook : www.facebook.com/larueeverslart.lefilm

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